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Hommage au poète mauricien Jean Fanchette

Le lundi 20 mars, à l'occasion de la journée de la francophonie et du Printemps des poètes, une assemblée a réuni les collégiens pour un événement rendant hommage à Jean Fanchette (1932-1992), psychanalyste et poète né à Maurice, auteur de plusieurs recueils de poèmes. Deux élèves de 4e ont présenté brièvement l’auteur avant de laisser place à d’autres élèves du même niveau pour une lecture à plusieurs voix du Poème de l’arbre enfant, à découvrir ci-dessous.

Le poème de l’arbre enfant

 

Les pulsations d’un paysage

Vibrant dans les veines de l’arbre,

Le rocher frère et ses présages

Furent appris en ce matin

Porté vers moi du fond des âges.

 

Le même oiseau de rive en rive,

Rythme la saison des éclairs.

La même barque à la dérive

Rêve aux vertiges des déserts

Aux silences d’eau et de pierre.

 

L’orage éclate et l’arbre enfant,

Lové dans la paume du vent,

Comprend notre fraternité

Scellée dans le sang des étés.

Fus-je mélèze ? après ? avant ?

 

Dans les forêts de mémoire,

L’homme plante ses territoires

Et l’arbre enfant, né des orages,

Découvre l’âme du feuillage

Blottie au cœur serré des soirs.

 

L’arbre se souvient de l’amande,

De la nuit lente des racines,

Des forêts d’ombre et de résine,

Jusqu’au cri du premier oiseau

Par-delà des siècles d’attente.

 

Et moi l’enfant d’une seconde,

Parmi l’or mouvant de genêts,

Je veille cet instant que fonde

L’angoisse de millions d’années

Dans le désordre clair du monde.

 

Tous ces oiseaux dans ma mémoire

Et tous ces mauves dans mes yeux.

Pour transmuer en feux et moire

Les paysages jamais mieux

Définis qu’en dehors du lieu.

 

L’arbre que j’appelle mélèze,

Se transforme en jacarandas,

Flamboyants, pourpres floraisons

Eclatant dans mon sang qui pèse

Le poids de toutes ces saisons

 

Le loriot dans le cerisier,

Un colibri dans le manguier,

Moi écartelé par vos cris,

Moi soudain découvrant le prix

De vivre et d’accomplir deux vies.

 

Montagnes de quelle mémoire ?

Je vendange votre prescience.

J’atteins enfin aux transparences

Du minéral. Brève lumière

Où je découvre cette main,

Tendue entre l’arbre et la pierre.

 

Et le sable redevient algue

L’âme innombrable du corail

Palpite, prise dans les mailles

De l’eau. Le charbon se souvient

Des forêts, de l’enfance du feu…

Tout dans l’éclair d’une seconde !